Limoilou : un sacré bon Jack!

Limoilou, mon bon vieux Jack, fier descendant d’Épicure. À te voir l’allure de Père Noël de la Saint-Vincent-de-Paul, il y en a plus d’un qui donnerait pas cher de tes vertes pâtures. Tu craches, tu tousses, tu renifles ta goutte sur le coin de la rue. Matin, midi et soir, avec toi, l’inhibition, c’est à coup de King Cans qu’on la laisse sur le trottoir.

Avec toi, à l’épicerie, comme au gym, le pantalon jogging est toujours in.

Mononc’ Limoilou, c’est bien facile de te juger si on n’a jamais franchi le pont Dorchester pour te visiter. Mais si on descend pour serrer ta main de velours au bout de ton gros bras d’ouvrier de fer, on se rend bien compte que tu t’assumes et que tu es tout simplement fier. Imposant ta carrure qui s’étend de la Saint-Charles aux autoroutes chargées de voitures, tu te démarques par ta propre architecture. Tes escaliers qui se tiennent bien droits ou qui se tarabiscotent, un vrai jeu de serpents et échelles devant chacune de tes portes.

En toute saison, tes balcons sont le théâtre de la plus belle télé-réalité. Les gens se jasent la pluie le beau temps en accrochant leurs brassées, un vrai chef-d’œuvre de Michel Tremblay. Limoilou, le bon vivant, tu m’enchantes même quand vient l’été. Musicalement, tu sais te donner, Sylvain Lelièvre le parolier, les rappeurs Bengee, Webster, Limoilou Starz, pas de préjugés.

Limoilou, vieux prolétaire, à 5 heures tapantes, tu l’as méritée, ta bière.
Parce que jour après jour :
Tu artises le vitrail;
Tu fais danser le lézard;
Tu ressources notre Martinière;
Tu chasses et pêches, tu kaméléonnes et tu te rougis le lounge au fil des ans;
Tu t’acrobates dans une église, tu te repentis sur un trapèze;
Tu te fratellises, tu te trois-fistonnes et tu te soupes la panse en bonne compagnie;
Et l’autre zone, bien… c’est l’autre zone.

Limoilou, t’es un vrai petit malin. Tu nous le fais savoir si on ne vient pas du coin. Rien de méchant, c’est juste pour être taquin. Mais tes sens uniques peuvent facilement faire revirer 3-4 fois sur le même coin.

Limoilou, tu nous accueilles dans ta chaumière. Ensemble, on hurle à la lune, on est des loups.

Limoilou, chef de meute, tes habitants c’est comme un crew. On a beau nous dire qu’on fait nos filous, quand tu viens de là, t’es fier, c’est tout.