Anti-hommage à la tranquillité

Si, pour les gens de la ville, la tranquillité semble ennuyeuse, inquiétante et lourde, pour les gens de Saint-Émile, elle est essentielle comme l’air, précieuse comme un véritable diamant brut et savoureuse comme un popsicle du Chalou lorsque ta matante fait son 15 000e statut Facebook sur la canicule à 40 degrés avec facteur humidex. Aujourd’hui, je te rends hommage, Saint-Émile, à toi et à ta tranquillité!

En quelques strophes, ce que tu me fais vraiment vivre, toi, mon précieux!

Ô! Temps de vivre! Tu me fais réaliser que j’ai une job de fou, que je prends à peine le temps de dîner et que je te perds solidement dans le trafic. Tu me permets de tout oublier lorsque j’arrive à tes côtés! T’es le ying tranquille de ma vie de yang en ville!

Ô! Paisibilité des lieux! Tu as de quoi faire rougir les nuits endiablées des quartiers plus chauds! Pourquoi désirer une soirée en boîte de nuit, alors que je peux déguster une bonne saucisse grillée sur un feu de camp entre amis en chantant du Kashtin à me sortir le poumon?

Ô! Bonne nuit de sommeil, toi et ton effet si bénéfique, car tu es bonne en Saint-Émile!  Ton couvre-feu naturel à 21 h apporte une insonorisation sauvage unique, ayant comme seuls bruits de fond les occasionnels ronflements de mon conjoint. Finie la princesse au p’tit pois. Je suis maintenant la princesse aux gros dodos.

Ô! Zénitude de la conduite! Tu me laisses faire mes arrêts obligatoires sans me faire klaxonner et tu laisses notre belle jeunesse y faire ses premières armes en conquête de son permis de se véhiculer seule!

Ô! Espace au mètre cube! Mon agoraphobie te remercie d’être aussi généreuse. Je te sais gardienne de mon intimité lorsque je revêts mon bikini pour faire une petite saucette.  Merci d’éloigner les voyous voyeurs qui pourraient se gâter!

Ô! Grosse paix sale! Grâce à toi, j’ai juste pas le goût d’aller ailleurs! C’est qu’il faut être bien avec soi-même pour vraiment apprécier la vie dans mon quartier!