Quand patin, politique et Bulldogs vont de pair

Sur la colline Parlementaire, il n’est pas rare de voir un politicien ou une politicienne se mettre à patiner lorsque la période de questions se corse. Parfois, on entend presque Alain Goldberg décrire les triples-saltos-arrières-avec-vrille des élus du peuple!

Une vieille tradition

Mais la pratique du patinage sur la colline ne date pas d’hier. Que nenni. En fait, elle existait avant même la construction de l’Hôtel du Parlement. C’est ce que j’ai appris en faisant la lecture du Bulletin de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale. Dès 1867, sur le site de l’actuelle Assemblée nationale, se trouvait un skating rink – in English, yes madam – aréna couvert qui fut démoli en 1876 pour faire place à l’édifice que l’on connaît aujourd’hui.

Le «Criket Field», où se trouvait le premier «skating rink» de la Colline parlementaire, circa 1880.

Le «Cricket Field», où se trouvait le premier «skating rink» de la colline Parlementaire, circa 1880.

Une seconde glace couverte fut cependant aménagée tout à côté, près de la porte Saint-Louis. En français cette fois-ci, le nouveau Pavillon des Patineurs accueillait non seulement les adeptes de la glisse, mais aussi les concerts, réunions et assemblées populaires en tout genre. C’était bien sûr également l’âge d’or du hockey professionnel à Québec, une époque bénie où «ça sentait la coupe» à plein nez, et cet aréna était la demeure des Bulldogs. À méditer, lorsque viendra le temps de construire un nouveau-nouvel-amphithéâtre…

 

Le «skating rink» vu de l'intérieur; fallait le faire, patiner en crinoline!

Le «skating rink» vu de l’intérieur; fallait le faire, patiner en crinoline!

Démolir/rebâtir des arénas : un passe-temps?

Il semblerait que oui! À peine 12 ans après la construction du Pavillon des Patineurs, celui-ci tomba également sous les pics des démolisseurs – conformément, paraît-il, aux volontés d’Eugène Taché, l’architecte du Parlement. La frénésie des amateurs de patinage ne pouvant être contenue, on s’empressa de construire un nouvel aréna… en face de l’ancien emplacement, soit à l’endroit où se trouve en ce moment l’édifice H, que les locaux surnomme affectueusement «le Calorifère». Comme quoi, politique, patin et architecture douteuse sont de vieilles traditions sur la colline Parlementaire. Une question, cependant, demeure sans réponse : Léo Bureau-Blouin, dernière recrue ayant fait son entrée sur la glace de l’Assemblée nationale, patine-t-il sur la bottine?

Nos «Glorieux» à nous, les Bulldogs avec la Coupe! Je dis, ramenons les Bulldogs, pas les Nordiques...

Nos «Glorieux» à nous, les Bulldogs avec la coupe! Je dis, ramenons les Bulldogs, pas les Nordiques…

Source : DESCHÊNES, Gaston et Alain GARIÉPY. «Les patinoires couvertes sur la colline Parlementaire», Bulletin de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, 30, 1-2 (septembre 2001): 13-17.

Photo des Bulldogs : http://quebecbulldogs.com/