Montcalm, ma gourmandise

Photo pour les duchesses

 

Parce que je suis blogueuse culinaire, le premier critère qui guide mon choix de quartier, c’est bien évidemment la gourmandise : le nombre d’épiceries, de brûleries, de crèmeries et de chocolateries au pied carré, la diversité des restaurants, l’offre des boutiques spécialisées en alimentation, tout ce qui est cochon, quoi! C’est donc avec une joie à peine contenue que je me suis réinstallée à Québec dans un appartement surplombant Cartier, après presque un an passé à Vancouver.

Je pourrais certainement parler de ces petits commerces qui font le délice des résidents – comme le Poussin de la Fabrique Bügel – mais ce serait trop facile. J’ai plutôt le goût de témoigner de toutes les formes de gourmandises que mon quartier comble chez moi. Ô, gourmandise créative, quand tu me tiens! Je vais saluer mon copiste et je repars les bras chargés de papiers et de crayons pour redessiner ma vie. Gourmandise culturelle, quand c’est toi qui as faim, je vais au Cinéma Cartier pour un documentaire qui me parle de choses dont j’ignorais l’existence. Ou dans une bouquinerie-placard, avec sensiblement le même effet. Gourmandise des grands espaces, toi aussi, tu es nourrie, puisque quelques pas à peine et nous roulons dans la neige blanche des plaines, en gardant un œil sur le château de Bonhomme.

De toutes mes gourmandises, c’est toi, gourmandise humaine, qui est la plus choyée, et ça, je ne l’aurais jamais prédit. Calme, Montcalm? Tant s’en faut! Le midi, les cris des écoliers emplissent la rue et l’été, les voisins empilés sur leurs balcons à chaque étage réquisitionnent leur bout de soleil citadin. Vers 15 h, les employés du resto d’à côté fument dans les marches de notre appartement et c’est parfait comme ça, car je sais bien qu’ils triment dur et qu’ils n’ont pas de cour arrière. Bien passé minuit, ces jeunes adultes sans couvre-feu et sans couvre-chef chahutent en chantant des choses grivoises. Mon amoureux me caresse la tête et chuchote à  mon oreille : «On est bien, hein?»

Je réponds oui en souriant. Je suis en ville! Mieux, à une falaise de Saint-Roch, à quelques arrêts de Sainte-Foy, à une ballade romantique du Château Frontenac, je suis au centre du monde.

Héloïse, foodista en mission